Les moldy peaches chantent des ballades dans mes oreilles.
Le soleil éblouit le paysage une dernière fois avant de se coucher.
Je me noie dans la fenêtre et je souris comme un enfant.
Le train grince, couine et siffle, il me berce avec bienveillance.
La vieille locomotive diesel avance lentement mais sûrement. Les wagons sentent la pisse et le poisson, un vendeur arbore des carpes séchées d’un demi mètre de long.
Les steppes se succèdent, on croise des calèches, des Lada déglinguées, des maisons bancales et colorées, des gens travaillent courbés dans les champs.
Je passe ma tête par la fenêtre et me laisse envahir par les odeurs de l’été.
Je me sens terriblement apaisé comme après avoir beaucoup pleuré.
Je n’appellerai pas ça l’aventure cela serait un peu trop prétentieux, c’est comme une fuite, une entracte, une pause à l’encontre du quotidien.
C’est juste vivre un peu différemment.     
Guillaume Rouan.