antisurf city point of view

Malgré l’heure matinale les machines à chichis et beignets tournent à plein régime, remplissant l’atmosphère d’une odeur de friture qui semble habiter et imprégner cette cité balnéaire deux mois par an. J’enfile ma combi pendant qu’un marché s’installe près de la voiture, on ne trouve pas de produits régionaux ou de fruits et légumes frais mais des sonos bruyantes, des coques de portables et des t-shirt à strass.

Je marche jusqu’à la plage en traversant de nombreuses salles d’arcades multicolores et des boutiques qui vendent des raquettes de plages, des bodyboards Spiderman ainsi que des piercings à nombril et des tatouages éphémères. Pas les t-shirts et les casquettes five panels à 50€ de la surf industrie dans les vitrines.

Je loue rapidement une planche 7’0 Bic qui conviendra parfaitement au petit mètre glassy qui déroule et à la horde de touristes dans l’eau.

Il n’est pas tard mais nous sommes déjà une bonne trentaine au pic qui se compose principalement de blaireaux en stand up paddle et d’écoles de surf accompagnées de moniteurs rachitiques aux cheveux colorés en blond pour un minimum de crédibilité.

Je prends vague sur vague, les conditions sont parfaites, je slalome entre les lycras jaunes et bleus et j’en percute deux ou trois en fin de vague pour la forme.

Je taxe pas mal de vagues ce qui m’aurait valu quelques dents en moins sur le sable à Hossegor mais ici cela se solde par des sourires.

Moi qui ai trempé dans l’ambiance putride et compétitive du triangle d’or du surf hexagonal (Seignosse-Hossegor-Capbreton) je me sens ici comme un connard dans l’eau.

Après avoir surfé jusqu’à épuisement je sors et me pose sur la plage. Pas de bimbos ou de surf groupies en vue, nous ne sommes pas à la Centrale. Quelques touristes belges font griller leurs seins énormes au soleil pendant que leurs maris montent des tentes de plages Décathlon et étalent de la crème sur leurs enfants obèses.

Je suis repu, j’ai mon quota de vagues.

Je souris comme un gamin, pas besoin de s’envoler vers des contrées exotiques pour surfer tranquillement, il suffit juste de remonter un peu plus la forêt vers le nord.

Ce soir je n’irai pas boire des verres au Surfing ou au Dick’s Sand mais j’irai peut être regarder un spectacle de vachettes et manger des glaces sur le front de mer.

Bonnes vacances à Antisurf city.

Guillaume Rouan.

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