Ndlr : Moody papers are back !
La plage se présente immense et déserte, seul le vent impose sa présence. Le fracas de la houle bourdonne dans ma tête. Les deux bancs en béton trônent en maître des lieux, ils sont les spectateurs des saisons qui se succèdent. 
Les petites fesses bombées et bronzées ont quittés les lieux depuis belle lurette, seuls quelques chiens traînent des retraités et viennent arroser les assises. Le sable blond et fin a recouvert la route qui mène à la plage.  Le centre ville est vide, les enseignes flashy des surf shop grincent dans le vent.
Cette ville à deux visages, la pute et la sainte.
Je suis tombé amoureux de la sainte, de cette vie calme, de ces journées rythmées par le vent et la houle.
Les longues journées incitent à boire seul et s’endormir tôt et abruti.
Je n’aime pas beaucoup les gens, je n’aime pas beaucoup la culture populaire, j’ai du mal à m’identifier à cette dernière, aux souhaits et aux comportements des autres. Ici je vis entre deux saisons, entre deux eaux en attendant d’être confronté de nouveau à leurs regards vides.
Certes ma vie n’est pas très érotique, mais mon imagination et ma gestuelle tiennent le coup.
Le soleil reprend ses droits, bientôt des hordes de touristes à la chair blanche et flasque envahiront les plages et les bars de nuit, ils cultiveront leurs cancers de la peau en faisant griller leurs grains de beauté proéminant au soleil. C’est la moindre des choses après avoir travaillé durement toute une année.
Pour être heureux vivons cachés. 
Guillaume Rouan.