Helmut c’est bête que tu sois mort comme ça.

 

Il m’arrive de faire des choses vachement originales et undergrounds dans ma vie, vendredi, je suis allé voir l’exposition d’Helmut Newton au Grand Palais. Ce jeune photographe encore inconnu va faire beaucoup parler de lui j’en suis sûr. Trêve de mauvaises plaisanteries, c’est avec nos billets coupe file que nous nous rendons à la nocturne de l’exposition, seul échappatoire à la loi des expositions parisiennes qui consistent à s’agglutiner avec 5o personnes devant une œuvre et devoir supporter des commentaires stupides. Un ami assez extrémiste milite contre la démocratisation culturelle depuis qu’il s’est rendu à la nuit des musées, c’est un point de vue défendable…

 

Quand à Helmut Newton, il n’est plus à présenter tant il a révolutionné l’univers visuel de la mode. C’est en flânant entre les clichés que je me suis rendu compte que tous les derniers visuels publicitaires des marques de hautes coutures sont semblables à des photographies prises il y a plus de 30 ans par Helmut Newton. Ce que j’apprécie le plus dans son travail, est la manière dont il a perverti et souillé l’univers rigide et stéréotypé de la mode. H. Newton n’a jamais baissé son pantalon, il a toujours été fidèle à sa vision des choses, quitte à se faire virer de Vogue et se faire lécher les pieds quelques années plus tard pour réintégrer le magazine.

 

Vous connaissez la plupart des clichés présentés à l’exposition et pour le prix d’entrée vous pouvez vous payer un joli livre Taschen sur l’œuvre complète du photographe. Mais vous échapperez alors à l’univers de l’exposition, une expo photo n’est pas une vraie expo photo sans les photographes amateurs mal rasés qui déambulent dans les couloirs leurs Leica M6 à la main (pour être crédible). Vous échapperez également à la horde de jolies filles qui arborent de jolis tailleurs et des talons haut en affichant un visage grave et concentré, j’ai d’ailleurs regardé avec plaisir ma petite amie vêtue d’une petite robe et de talons hauts se noyant dans le dress code de l’exposition. Ce dernier point nous amène à la puissance érotique des photographies de Newton, loin d’être vulgaires ou pornographiques certains clichés transpirent le sexe et la sensualité. Les modèles pulpeux me rendent nostalgique d’une époque que je n’ai pas connue, celles des seins gonflés et des croupes charnues. Le plus intéressant dans l’exposition reste les clichés couleurs petits format qui, à l’heure ou nous sommes noyés sous les filtres Instagram, sont techniquement impressionnants et montrent une autre vision de son travail, loin des shootings mode.

 

J’ai appris aujourd’hui les conditions de la mort d’Helmut Newton, c’est bête de mourir dans un accident de voiture à LA quand on a eu une vie et un destin si grand. Helmut avait deux jambes et deux bras comme tout le monde, mais il avait une vision photographique hors norme, mais celle-ci ne l’a pas empêché de voir la mort lui rouler dessus.

 

G.R

 

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