Ma vie comme un yoyo, un jour seul, l’autre pas. Ô dieu marmiton, comment fait-on ? Une recette ?

Je cherche l’expérience, je projette l’avenir, je tente le cadre, je le vise sans savoir si tout mon être l’acceptera. Adhérer à cette idée, c’est renoncer, c’est croire que l’on va perdre, ce qui nous a fait, et puis nos projets, un avenir serein et seul, un avenir serein mais seul. Je joue pour gagner, malgré tout. Un jeu, comme la vie devrait l’être, ludique, inventive, festive, explosive. Je sais déjà que je serai déçu, j’attends trop, mais comment pourrais-je faire autrement, comment pourrais-je me contenter.
Bercé d’illusions depuis le berceau, j’ai cultivé des attentes, de plus en plus, des envies fantasques, baroques, presque abracadabrantesques, mais je me lance quand même dans la conquête de l’espèce, la conquête spéciale, la séduction. Séduire, c’est se vendre, situation sui generis, soi, son âme, son corps, mais tout ça n’a pas de prix, et je ne suis pas à vendre, d’ailleurs je n’ai pas dit combien. Aussi j’accepte de les offrir, mais je veux je dois recevoir en échange de l’énergie pour entretenir mon corps tout entier, de l’âme à l’homme, sine qua non. Le regard, les mimiques et les tics. Je contrôle tout pour me faire croire naturel, détendu, cool le chat, la première impression, la fameuse, celle que j’exècre et que j’impose aux autres. Je dévisage, je détoure les contours, je fais le tour, j’observe, je chouffe, j’épie. Je cherche d’abord un physique, une démarche, un port de tête, un sourire, l’examen est dur et rude, intransigeant, impitoyable, les mains, les doigts, les chaussures, les jambes, tout y passe. Je ne cherche pas un mannequin, ni une vitrine, je cherche quelqu’un bien dans sa peau avec qui je serai bien dans la mienne et sur la sienne. Je me répète sans cesse, c’est ce que je trouve qui me dit ce que je cherche pour me persuader qu’il ne faut pas chercher, que tout tombe des cieux droit dans les yeux qu’il suffit d’ouvrir, ça paraît tellement simple, surtout à ceux qui sont en couple et qui font les malins. Le physique n’est pas l’important, mais il est important. Tous les goûts sont dans la nature, la beauté intérieure, midi à sa montre, je connais tout ça mais il n’y a rien à faire, je ne me refais pas.

Je veux et j’exige, j’ai besoin, j’ai envie, je veux dévorer ses yeux chaque matin, et engloutir son corps chaque soir, j’en dis pas plus, faut bien rester révérencieux, comme un bout de Vian. Le corps est essentiel, mais il n’est rien, non rien de rien, sans les mots, les états d’âme, les silences, les envies, les soifs, les faims, ça se complique, mais le pire, c’est qu’au pire elle aura les mêmes attentes, les mêmes envies, comment lui en vouloir, mais un homme comme ça, ça n’existe pas ou peu, une femme non plus, alors comment fait-on ?
Comme Mizaru, Iwazaru et Kikazaru ? On ferme les yeux, on se tait, on se bouche l’ouïe ? Comment fait-on ? On se contente ? On met un mais ? Un si le suit ? Mais si mais si, comme un messie, des belles paroles, des compromis ? On se rend, on se ment ? Comment fait-on ? On vit avec ? On prend sur soi ? Panacée ou placebo ? Pas d’autres choix ? Ou rester seul ?
By J’m