Antagoniste, marque parisienne de foulards en soie lyonnaise.

Le foulard a son emblème français, Hermès. Mais quelques petits créateurs se lancent sur ce marché. Apportant un peu de fraicheur, ils cassent les carcans. Univers, stylisme, ces différentes marques bousculent les préconçus du foulard en soie. Antagoniste en fait partie. Point of View adresse donc une petite interview à Angélique, la créatrice de la marque, pour en savoir plus.

POV / Salut Angélique, je te laisse te présenter. Toi, ton parcours et où tu en es aujourd’hui.

Angélique / Hello Mathieu ! Je viens du Nord de la France où j’ai étudié en Histoire de l’art puis en Arts plastiques. Après avoir travaillé comme webdesigner chez une célèbre enseigne de vente à distance, j’ai décidé de partir à Paris pour tenter une école de mode. Quelques années de folie plus tard, j’ai lancé Antagoniste, un bon mix de mon parcours. Je suis en quelque sorte une graphiste qui adore la mode.

POV / Peux-tu présenter ta marque, Antagoniste, le projet qu’elle véhicule ? Comment l’idée de créer des foulards est venue ?

A / L’essence d’Antagoniste est le jeu sur l’attraction des opposés. Je travaille avec des gravures du 18 et 19ème siècle qui sont au final imprimées avec les dernières technologies d’impression numérique. Les foulards sont empreints d’une douceur contrastant avec les contenus rock des têtes de mort ou les propos dérangeants comme la coupe de fœtus dans « Birth ». C’est justement ce modèle que j’ai créé en premier qui m’a poussé à lancer la marque. Tout s’est fait naturellement, comme une évidence. J’avais enfin trouvé un moyen de réunir mes deux passions, l’art  et la mode.

Chaque foulard est une histoire à décrypter et regorge de détails.

POV / En parcourant ton site, les divers modèles que tu commercialises on découvre un univers subtilement rock, des visuels que l’on a pas l’habitude de voir. Où puises-tu tes influences ?

A / J’ai toujours été fascinée par les vieilles gravures que je trouvais dans les dictionnaires de mes grands-parents. Je continue à trouver ces dessins dans de vieux livres de bibliothèque mais aussi sur internet. Des passionnés mettent en ligne des trésors chinés aux quatre coins du globe.

POV / Tes carrés sont fabriqués dans la région lyonnaise, berceau de la soie. Le Made in France,  Marketing ou réelle conviction ?

A / Dans le Made in France, je recherche la qualité avant tout. L’entreprise avec laquelle je travaille est à l’écoute, disponible et sérieuse. La technologie qu’elle utilise est bien plus pointue qu’une simple impression que j’aurai pu avoir en Chine ou Turquie.

Et puis contribuer à faire marcher l’économie française, même à ma petite échelle, c’est une belle satisfaction.

POV / Bon, on connaissait déjà la réponse mais c’est l’occasion d’aller un peu plus dans le détail. Peux-tu nous présenter ton processus de création, nous parler un peu des fournisseurs avec lesquelles tu travailles, comment les a tu rencontrés ?

A / J’ai d’abord défini mes thèmes, mes planches d’inspiration et ma gamme de couleur. J’ai ensuite fait mes recherches de gravures puis je me suis concentrée sur la création de la collection sur ordinateur.

J’ai trouvé mon fournisseur grâce au Mandel, une plateforme de producteurs mode et déco en tout genre, après quelques mois de galères à essayer d’autres imprimeurs qui n’offraient pas la qualité que je voulais.

POV / Aujourd’hui Antagoniste se concentre sur une offre de foulard et on (entre) aperçoit des bijoux. Pouvons-nous imaginer de plus grosses pièces pour les prochaines saisons ? Toujours sur de la soie ? Toujours avec des savoir-faire particuliers ?

A / Dans quelques années j’espère pouvoir ouvrir ma gamme à la maroquinerie puis aux vêtements. Toujours basé sur le graphisme et les belles matières, mes petites manies !

POV / Pour conclure, La marque en trois mots ?

A / Colorée, Poétique et Rock’n Roll !

Merci à Angélique d’avoir pris le temps de répondre à ces questions !

On retrouve Antagoniste via leur site web et surtout ce week-end à l’occasion du 20ième Marché des modes à Roubaix.
Plus d’infos ici.

Mathieu Clément