UV pour « Ultra Violent », TPK pour « The Psychopath Killers »… Deux appellations d’origine contrôlée qui ont marqué l’histoire du graffiti français et rayonné sur toute l’Europe. Le genre de mecs qui cartonnaient des rames de métro en plein aprèm et cassaient la bouche des autres mecs qui se trouvaient sur leur passage.

Membres emblématiques, médiatisation, présence, réputation, les UV-TPK ont tout d’un crew légendaire… Fuzi est un rescapé de cet âge d’or du vandalisme, évoluant dans un univers graphique qui lui est propre et multipliant les supports d’expression. Que ce soit pour son parcours riche en références ou ses tattoos géniaux, on aurait eu tort de ne pas discuter avec l’ex Ultra Violent…

fuzi-train

Salut Fuzi ça va ? Qu’est ce que tu as fait aujourd’hui ?

Salut, je suis en train de finaliser mon nouveau site internet ça me prend pas mal de temps… J’ai dessiné quelques flash pour des clients, j’ai continué une toile en cours, suis passé voir mon pote de Squeegees & Co à l’atelier de sérigraphie pour suivre l’évolution de différents projets, suis allé à la salle de boxe m’entrainer et passé un peu de temps avec ma famille et là il est 23h30 et je réponds à tes questions, la vie d’artiste quoi !

Si tu devais présenter UVTPK à nos lecteurs, tu le résumerais comment ?

Une bande d’amis qui avaient le graffiti comme passion commune.

Quel a été ton rôle dans le crew ?

Personne n’avait de rôle définit, j’étais là avant, quand on n’avait pas de nom de groupe et qu’on s’en foutait, j’étais là le jour où on a décidé de s’appeler UV, j’étais là quand on a marqué ça partout, j’étais toujours là quand il fallait défendre ce nom et aujourd’hui je suis là pour en parler. Je n’ai pas de rôle, mais le nom m’accompagne et fait partie intégrante de mon parcours.

Avec le recul, qu’est ce que tu aurais à dire aux personnes qui ont réduit les UVTPK à des voyous ultras violents ?

Qu’ils avaient raison haha ! Nous étions violents, mais aussi créatifs, acharnés, passionnés, etc. Que le coté violent soit ce que certains retenaient je ne peux les blâmer, avec notre attitude et le nom que l’on s’était donné, ça serait hypocrite d’en être surpris. Maintenant les passionnés de graffiti ne pouvaient se cacher du fait que nous étions là et qu’on faisait un sacré boulot. Nous sommes « reconnus » aujourd’hui dans l’histoire du graffiti, ce n’est pas grâce à une violence prouvée ou fantasmée, mais bien pour nos actions artistiques.

C’est quoi le truc le plus vandale que tu aies fait ?

Peindre de façon illégale quotidiennement pendant plus de15 ans…

T’as un regret par rapport à cette époque ?

Ce que je suis, artistiquement comme humainement est le fruit de mes actes, bon ou mauvais. Je retiens les leçons, ne regrette rien et avance.

Qu’est ce que tu penses de la scène graffiti actuelle ?  Tu suis certains mecs ?

Ce n’est plus les mêmes règles, le niveau qualité/quantité est vraiment élevé. Les moyens utilisés aussi. Je ne veux pas citer de noms, mais j’ai beaucoup de respect pour les gens qui continuent de peindre quotidiennement de façon illégale. C’est eux qui font exister le graffiti.

Kidult, t’en penses quoi de sa “démarche vandale” ?

Je pense que chacun veut gagner sa place au soleil. Il a trouvé un moyen comme un autre de faire parler de lui, avec les moyens d‘aujourd’hui. Mais ce n’est pas une démarche vandale, c’est même tout le contraire. Il dénature l’essence même d’une rébellion, d’une rage artistique, en attirant l’attention des grandes marques sur lui sous couvert d’une révolte. Il utilise les règles du street-art et du merchandising et il les maitrise… Si derrière il a des choses intéressantes à montrer en terme de création, c’est bien, sinon c’est du vent…

Qu’est-ce qui t’a fait arrêter d’être aussi prolifique qu’avant niveau graff ?

La vie. L’envie d‘avancer, d’évoluer, de connaître autre chose que ce que j’ai fini par connaître par cœur.

Pourquoi tu t’es dirigé vers le tattoo, tu veux en faire ta spécialité ?

Ce n’est en aucun cas ma spécialité. Je fais du tattoo comme je peins des toiles, sculpte, écris, prends des photos… Je suis un artiste et j’utilise tous les médiums possibles. Le tattoo en fait partie.

C’est facile de « graffer la peau » ? Où t’as galéré à apprendre la technique ?

Je ne graffe pas la peau, je ne fais d’ailleurs jamais de graff proprement dit sur la peau, comme je ne le fais pas non plus sur des toiles. Le graffiti c’est dehors, illégalement à écrire ton nom, stop ! Maintenant je crée avec mon background, qui vient du graffiti. Ça veut dire la rue, la violence, la passion, et plein d’autres sentiments que l’on peut retranscrire par le biais du tattoo ou autrement…

Les personnes qui viennent te voir viennent avec une idée de ce que tu vas leur faire ou tu improvises un sketch sur place ?

Ils ont parfois une idée et je la développe, mais cela doit rester dans mon univers, si le sujet ne me touche pas, on s’arrête là et ils rentrent chez eux. Ils peuvent aussi choisir parmi mes centaines de dessins originaux mis à leur disposition. Chaque tattoo que je fais est une œuvre unique, originale, que je ne referai jamais sur personne. Contrairement à beaucoup de tatoueurs, je ne fais pas dans la reproduction, mais bien dans la création. Les gens viennent pour avoir mon style sur la peau, c’est ça qui les motive.

Où est-ce qu’on peut se faire tatouer par Fuzi ?

Partout dans le monde, mes dates sont annoncées sur mes sites et réseaux sociaux.


À part le tattoo, tu bosses sur d’autres projets artistiques ?

Je travaille sur beaucoup de projets, expositions, livres, films, etc. Suivez mon nouveau site, vous serez au courant de mon actu.

Merci ! Juste par curiosité, t’écoute quoi comme son en ce moment ?

Stravinsky

VISITEZ LE (très beau) SITE INTERNET DE FUZI : http://fuzi-uvtpk.com/