Les départs ont un goût étrange, mélange de tristesse, d’angoisse et d’excitation. Dans cet hôtel exigu j’écoute mes voisins parler, sur le parking les avions me frôlent la tête.
La nuit est étrange, elle parait irréelle noyée dans cette lumière fluo sortant de tous ces néons verts et rouges. Les avions arrivent et partent inlassablement en transperçant cette opacité lumineuse.  Je déambule en caleçon dans les couloirs désert, je dandine ma tête sur une musique d’ambiance morbide. 
Les toilettes  sont au bout du couloir et semblent moulées dans un bloc de plastique. 
Un couple rigole dans la chambre 424.
Dans quelques heures je décollerai. Je n’ai pas dormi depuis des jours, je reste bloqué et noyé dans cette lumière industrielle. Alors je reste là sur mon petit lit aux couleurs vives à attendre de me faire happer par le temps et à me faire transporter vers l’inconnu.
Dehors les avions frôlent ma tête.
Guillaume Rouan @ kiev