Une des premières choses m’ayant marqué lors de mon arrivée à Paris est la misère et la pauvreté qui règnent dans la ville. Chaque arrondissement, chaque trottoir regorge de  sans-abris aux visages burinés, ravagés qui rampent vers une mort proche en s’assommant d’alcool ou de désillusions.

Le nombre de ces hommes et de ces femmes est tout simplement hallucinant, ils vivent comme des bêtes, stagnent dans leurs déjections et dans la crasse sous nos yeux vides et  aveugles.

Le métro se présente comme le théâtre des maladies mentales, les gens crient tout haut des discours incohérents parfois drôles ou parfois tragiques. Ils prennent à partie un public inerte et aussi réceptif que les murs auxquels ils parlent toute la journée.

Quand j’entends une femme BCBG, les pieds nus en décomposition, hurler à répétition « Catherine Deneuve mange des enfants nègres en Afrique » je ne sais pas si je dois rire ou pleurer.

A vrai dire je pense juste à ma moustache, si dois la garder ou la raser.

Dimanche je suis allé aux puces de St Ouen ; pas très loin des antiquaires et des connards comme moi qui achètent des vinyles voilés et rayés une fortune, on trouve les biffins ou les chiffonniers (ça fait plus paris authentique hein ?). Ces gens-là récupèrent ce qu’ils peuvent dans les poubelles la semaine, nourriture comprise pour pouvoir le vendre le dimanche quelques centimes. C’est comme ça qu’ils survivent. J’ai vu une belle chemise en jeans qu’un mec vendait, j’ai failli la regarder mais je me suis tracé vite fait.

J’ai pensé à l’argent claqué la veille dans une boite de nuit tendance, j’aurai pu acheter des dizaines de stand ou faire vivre une poignée de personne pendant une semaine.

La misère est omniprésente ici, le temps passe et je la remarque de moins en moins, pourtant il fait de plus en plus froid. Je deviens insensible et superficiel.

Est-ce que les gens sont si indifférents à Paris ? Pas vraiment ce sont pour beaucoup de gens faussement originaux comme moi qui sont trop obnubilés par leurs problèmes de petits bourgeois.

 

Oui, c’est assez terrible en plus je ne sais pas où sortir ce soir.

 

Guillaume Rouan