” Un prozac et quelques fleurs ou le récit de la saint valentin qu’on ne montre pas à la TV.
Beaucoup de gens marchaient par deux dans la ville, nous étions le soir de la Saint Valentin. Les fleuristes rentraient chez eux un large sourire aux lèvres.
Personne ne me tenait la main, j’observais les restaurant bondés, beaucoup de couples se regardaient dans les yeux, faisaient semblant au moins pour quelques heures. Mais leurs regards se butaient sur la frontière opaque qui les séparait, l’incompréhension et la lassitude avaient gagné le combat depuis  bien longtemps. C’est le prix à payer pour ne pas manger des plats déjà préparés devant le journal télévisé. Je pouvais entendre leurs rires forcés, beaucoup de femmes étaient très bien maquillées. Peut-être que certains pousseraient le bouchon jusqu’à s’accoupler. Je n’étais pas jaloux, moi j’étais amoureux du passé et de quelques moments sucrés que la vie m’avait donnés.
 Je rentrais chez moi, le regard vide et désorienté. Sur le chemin je marchai sur une déjection mais avec le pied ne portant pas bonheur. Je croisai un petit vieux qui portait un costume en velours côtelé, il marchait le dos courbé où pouvait il bien aller ? En bas de mon immeuble un groupe de marginaux s’insultaient, leurs chiens se battaient. Je trouvais la Saint Valentin assez glamour dans mon quartier.
Je rejoignais dans mon petit meublé mes compagnons de soirée, en face de moi se trouvait la TV, sur ma gauche une bière bon marché et à droite des chips au poulet grillé. J’ai tué quelques heures en lisant Hemingway et jai décidé d’aller me coucher.
J’ai pensé a tous ces couples et ne les ai pas jalousé, je ne dors jamais seul la nuit mes angoisses occupent beaucoup de place. “
Guillaume Rouan